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Prix du roman de Sciences Po Alumni 2026 : la longue liste

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Club Littérature

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02.18.2026

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Après nos deux premières éditions, qui ont couronné Émilie Desvaux pour Le ciel de Tokyo (Rivages, 2025) et Hemley Boum pour Le rêve du pêcheur (Gallimard, 2024), nous sommes très fiers de vous présenter une liste de neuf ouvrages, ci-après dans l’ordre alphabétique des noms d’auteurs. Une nouvelle fois, ils montrent que la littérature n’hésite pas à s’emparer de thèmes très actuels et polémiques, en offrant une diversité salutaire de regards et en montrant la vitalité de la langue française.

Cette liste a été établie par un comité de lecture composé de dix personnes, Alumni membres du club Littérature et/ou membres de l'équipe de Sciences Po Alumni. Il a exploré les 363 romans francophones de la rentrée littéraire d’hiver et remercie notamment les maisons d’édition qui ont fait de larges envois.

De cette liste sortiront à la fois le livre que vous, Alumni, jugerez, par votre vote, le plus apte à nous aider à « comprendre notre temps », et trois livres choisis par le jury de présélection.

Un jury présidé par Alfred de Montesquiou (promo 2001), journaliste, auteur et scénariste, est composé de onze autres membres issus de Sciences Po et/ou du monde des lettres, parmi lesquels figure notre lauréate de 2025. Il choisira le lauréat parmi les quatre titres retenus. 

Place à notre longue liste, et à vos votes (bouton de vote après la présentation des romans finalistes) !

Clôture des votes le lundi 9 mars à 12h.

 

Protocoles, Constance Debré, Flammarion

4e de couv

Ici on achète les âmes.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Protocoles entremêle deux histoires à première vue aux antipodes l’une de l’autre, reliées seulement fugacement, à une occasion. D’une part, la vie de la narratrice, décrite de façon froide, clinique, comme si c’était un rapport quelconque. D’autre part, les « protocoles » qui régissent l’application de la peine de mort aux États-Unis. Car on découvre, avec effarement, que tout est protocolisé : on applique des protocoles, on suit des procédures, on respecte des règles, mais personne ne tue.

Cette forme à mi-chemin entre l’autofiction et l’essai fait toute la force du livre, qui réussit à dire des choses nouvelles sur un sujet qu’on connaît pourtant déjà.

Il n’y a pas de jugement moral : ce sont cette écriture très « blanche » et ces descriptions très aseptisées qui provoquent l’indignation du lecteur par rapport à ces techniques que le monde moderne met en place pour éliminer des individus. Le texte questionne les frontières de l’humanité, la vie, la mort, le système judiciaire, la loi.

Pour le comité de lecture, c’est un grand roman qui trouvera sa place parmi les textes de référence sur la peine de mort.

Lire un extrait

 

L’art du ricochet, Nicolas Delesalle, JC Lattès

4e de couv

La plus jolie fille de la maternelle, le bateau pirate Playmobil de ses rêves, devenir joueur de foot professionnel, faire 1,80 mètre, ou être le seul fils de son père, Kolia a déjà su renoncer à un certain nombre de choses dans la vie. Alors quand il est arrêté par la police moldave de retour d’un reportage en Ukraine, sans aucune idée de ce qu’il a pu faire de mal, il identifie l’un de ces moments où il va falloir rebondir. Autant se repasser la liste de ses revers pour trouver l’énergie nécessaire, dans la voiture qui l’embarque menottes aux poignets vers une destination inconnue, dans ce pays où la question la plus posée sur Google est : « Pourquoi la Moldavie existe ? », au cœur de cette région où il a côtoyé le meilleur et le pire.

Aussi désopilant qu’intelligent, drôle, poétique, tendre et édifiant, un texte qui exalte la capacité de rebond de chacun dans les deuils futiles ou immenses, dans les drames intimes ou les tragédies collectives, un hommage à tous ceux qui ont appris à maîtriser l’art du ricochet.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

L’art du ricochet se lit d’une traite, on sourit, on pleure, on s’inquiète et le roman va son chemin étonnant sur un rythme jazzy malgré la dureté de son sujet. 

Ce qu’il raconte est terrible et absurde : un reporter de guerre français de retour du front ukrainien est arrêté par la police moldave. Dans la voiture qui l’emporte vers une destination inconnue, menotté, inquiet mais surtout fatigué, il voit défiler sa vie, ses petits et grands bonheurs, ses drames, ses ruptures. Ce vagabondage est interrompu par de longues plongées dans l’univers qu’il vient de quitter, souvenirs de scènes de guerre, rencontres avec des blessés, des soldats ukrainiens embourbés dans leurs tranchées, des snipers, des prisonniers russes, personnages très humains au bord ou au-delà de ce que l’humanité peut supporter. 

En arrière-plan des questions que le lecteur se pose sur la raison de cette arrestation absurde et sur ce qui va arriver à ce pauvre reporter, le comité de lecture a aimé la vitalité, l'humour et la tendresse qui se dégagent de sa rêverie malgré la cruauté de certaines scènes et la profondeur de certaines blessures. 

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Aqua, Gaspard Koenig, Éditions de L’Observatoire

4e de couv

Quand Martin Jobard, un enfant du pays devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de briguer la mairie du village pour moderniser le réseau d’eau potable, il trouve sur son chemin Maria, la généreuse et idéaliste tenancière de l’épicerie, qui défend la source des anciens. La lutte qui s’engage va éveiller, chez les habitants, le pire comme le meilleur. Maria pourra-t-elle changer le cours des choses ?

Sur fond de crise de l’eau, Aqua met en scène une communauté rurale prise dans des contradictions contemporaines. On y croise un ministre trop pressé, une naturopathe bouddhiste, un éleveur mélancolique, une préfète amoureuse, un survivaliste flegmatique, une hydrogéologue anticapitaliste…

Entre mythologies normandes et bureaucratie locale, Gaspard Kœnig déploie tout son art de la satire sociale. Inscrivant Aqua dans le même terroir que Humus, il poursuit son exploration romanesque des quatre éléments.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Aqua est un roman au cœur des enjeux actuels, bien écrit et rythmé, sur un ton à la fois satirique et naturaliste, avec d’une galerie de personnages représentatifs mais aussi très bien incarnés.

L’auteur connaît extrêmement bien les milieux qu’il décrit et nous y transporte : le village et son mélange de ruraux et de néo-ruraux, la familiarité de bon aloi qui bascule en un clin d’œil en violence, la tour où travaillent une multitude de fonctionnaires pleins de bonne volonté très occupés à bâtir des usines à gaz, les lambris des cabinets ministériels et de la préfecture... on y croit, d’autant plus que rien n’est oublié, pas même l’histoire du village et de sa rivière au travers de savoureuses légendes qui donnent toute sa saveur à l’histoire.

Le comité de lecture a particulièrement aimé le fait que ce roman réaliste et ancré dans l’actualité possède également des qualités poétiques, avec de superbes passages tels que les premières pages qui racontent le chemin d’une goutte d’eau vers le village.

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Leurs désirs immenses, Léa Lhermet, L’Iconoclaste

4e de couv

Chaque été, elle revient dans le village de son enfance, en Lozère, où le temps semble suspendu. Cette année, elle découvre que son arrière-grand-mère, Palmyre, n'est pas enterrée dans le cimetière du hameau, là où repose sa famille. Pourquoi tant de mystères entourent sa vie ? Commence alors une quête d'une beauté fracassante, sur les traces d'une femme qui désirait vivre trop fort pour son temps.

Avec humour et finesse, Léa Lhermet explore ce qui se transmet dans le sang et dans le silence. Comment se construire dans une lignée de femmes ? En miroir se dessine le portrait d'une femme d'aujourd'hui, mère de quarante ans, divorcée, oscillant entre espoirs amoureux et quête de liberté.

Un premier livre magnétique et haletant sur les femmes et leurs désirs immenses.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Sur fond de détestation des femmes de sa famille dans sa Corrèze natale, tellement enfermées dans ce qu’on attend d’elles, Léa est hantée depuis l’enfance par le personnage de son arrière-grand-mère. Après deux naissances et un divorce, elle ressent la nécessité impérieuse de savoir enfin qui était Palmyre. C’est cette captivante enquête, que raconte le roman.

Troublante par sa légèreté et sa gravité, l’écriture est teintée d’une touche de poésie et flirte avec le fantastique. Pourtant, il s’agit bien d’un livre au cœur des enjeux contemporains, qui s’attèle à comprendre la place assignée aux femmes dans la société patriarcale au début du XXe siècle et dans le monde d’aujourd’hui.

Le comité de lecture a particulièrement aimé l’écriture rythmée de ce premier roman, autour de leitmotivs débutant par « les femmes... » : « les femmes doutent », « Les femmes attendent toujours d’être entendues », « Les femmes se souviennent », « Les femmes restent »... Une femme en cherche une autre et, la cherchant, se trouve peut-être elle-même, et nous toutes.

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Mutines, Perrine Le Querrec, Éditions de la Contre-Allée

4e de couv

Pour un pain volé, pour vagabondage ou pour indiscipline ; suite à une lettre de dénonciation d’un frère, à la tyrannie d’un père ; au nom de la protection et de l’éducation, sur fond de peur du corps féminin et des classes populaires, des jeunes filles sont jugées comme délinquantes et enfermées dans une école de préservation. Elles s’appellent Marthe, Monelle, Jeanne ou Berthe. Âgées de 11 à 21 ans, elles sont toutes considérées comme coupables ou, pour le moins, dérangeantes.

Discipline et maltraitance sont le lot quotidien de ces pupilles soumises à la violence des surveillantes, à des ordres qui brisent les nuques. 

Mais ces mauvaises filles résistent… 

Un jour de novembre 1934, trois heures durant, sur les toits de l’école de préservation de Clermont, ces jeunes filles se réapproprient leur enfance inachevée et remplissent le ciel de leurs chants et de leurs rires.

Un soulèvement-joie auquel Perrine Le Querrec prête son souffle en donnant voix à ces mutines.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Ce très court roman part d’une histoire vraie : en 1934, des jeunes filles enfermées dans une maison de correction se sont révoltées et, trois heures durant, ont été maîtresses des lieux, avant d’être submergées et violemment punies. Perrine Le Querrec invente l’histoire de trois d’entre elles, enfermées vivantes pour des motifs futiles. A chacune, elle donne une voix, un passé, fait de privations, d’abus bien souvent, et elle montre l’horreur de ces maisons d’enfermement, où l’on n’apprend rien sinon la honte, l’humiliation, les coups, mais peut-être, aussi, la solidarité.

Mutines aborde des thèmes d’actualité ou qui résonnent avec l’actualité la plus effrayante : la place que la société accorde à ses laissés-pour-compte, le rôle de l’enfermement, la violence des hommes contre les femmes et particulièrement contre les jeunes filles, mais aussi le désir, qu’aucun mur ne peut enfermer, de liberté. Si les corps peuvent être contraints, l’esprit, tel l’hirondelle d’un poème de Louise Michel cité dans le texte, peut toujours s’envoler.

Le comité de lecture a été particulièrement impressionné par la beauté du style de l’autrice, tour à tour poétique et réaliste, qui nous emmène au cœur de la souffrance humaine universelle. Un roman très court, mais très puissant.

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García Lorca et le poète birman, Nour Malowé, Récamier

4e de couv

Quand la dictature bâillonne, la littérature devient résistance.

Un roman incandescent sur le pouvoir de la littérature face à l'oppression. 

– Apportez-moi un livre interdit.

– Un livre interdit ?

– García Lorca, Noces de sang. Ce livre détient la réponse à l'énigme de ma vie.

Depuis des décennies, la Birmanie vit sous le joug d'une junte militaire impitoyable. Là-bas, les mots sont plus redoutés que les armes : lire est un crime, et la littérature, un acte de résistance. 

C'est à Naypyidaw, capitale démesurée et presque vide, que se croisent Arun, fils d'un général, poète bâillonné par le totalitarisme, et Jack, écrivain français en exil, à bout de souffle. Ils ont la littérature en commun : l'un mourrait pour elle, l'autre n'attend qu'elle pour revivre. 

Jack est celui qu'Arun espérait, celui qui le mènera au livre interdit. 

Au-delà du récit d'aventure et de la fable politique, García Lorca et le poète birman est une ode à la littérature comme ultime refuge contre la barbarie. À travers la destinée tragique d'Arun, Nour Malowé signe un roman incandescent sur le pouvoir des mots, la beauté, l'amour et la liberté – ces armes silencieuses qui défient l'obscurantisme. 

Son précédent roman, Le Printemps reviendra, a remporté le Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris, le Prix Gonet, ainsi que le prix du Roman Métis des Lecteurs de la Ville de Saint-Denis 2025.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Un écrivain souffrant d’une « blessure d’écriture » s’exile en Birmanie. Dans la capitale artificielle où même les herbes folles sont éradiquées, il croise un vieux jardinier qui le supplie de trouver pour lui un livre interdit qui contient tout le secret de sa vie, Les Noces de sang de Gabriel García Lorca. Les chapitres qui content la quête de ce livre interdit et ce faisant le superbe voyage intérieur de cet écrivain sur le chemin de la guérison, alternent avec le récit de la vie du vieux jardinier et à travers lui la persécution de l’âme de ce pays par la junte militaire. La foule birmane, bigarrée, apeurée, d’une vitalité étonnante, les fleuves, les montagnes, les « danseurs-pêcheurs » et les « cueilleurs de brume » nous accompagnent.

Le comité de lecture a particulièrement aimé l'omniprésence de la littérature et de la poésie, avec García Lorca en arrière-plan. Rarement un livre offre une occasion aussi puissante de ressentir la manière dont on peut opposer la littérature à la dictature, dans un pays dont on comprend la profondeur du drame actuel.

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Le ciel l’a mauvaise, Éléa Marini, Éditions de l’Olivier

4e de couv

La chaleur écrase, les murs craquent, les vents s’élèvent. Bo, gamin insolent et tendre, voit sa mère s’éteindre. Alma, jeune femme déracinée, cherche à faire tenir debout ce qui s’effondre. Isaac, colosse taciturne, vit reclus dans les bois.

Quand la tempête éclate, l’eau engloutit les rues. Sur un toit battu par la pluie, dans des refuges de fortune puis sur les routes d’un après incertain, leurs trois destins s’agrègent. Ensemble, ils affrontent la débâcle et découvrent la force des liens qui les unissent.

Dans Le ciel l’a mauvaise, Éléa Marini donne voix à l’intime comme au collectif. Ce premier roman puissant fait du chaos le lieu fragile où naît une communauté d’existences.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

« Road movie » réaliste et psychologique en même temps, constamment accrocheur et parfois haletant, Le ciel l’a mauvaise nous place dans un contexte qui ressemble au sud des États-Unis, auprès de plusieurs personnes qui doivent survivre et reconstruire le monde après une tempête qui a tout détruit. On est au cœur de situations d’une très grande violence dramatique, parfois tragiques, avec des éléments naturels (vents, eaux) allégorisés, dont on ressent tout le côté monstrueux.

Le comité de lecture a particulièrement apprécié le côté haletant du livre, constamment dans l’action et la survie, qui s’attarde sur les relations qui se mettent en place dans un contexte aussi anxiogène. La construction bien menée et le soin mis à dépeindre la psychologie des personnages sont remarquables.

C'est un premier roman très réussi, et qui s’inscrit dans les réalités du monde d’aujourd’hui et de demain, marqué par les catastrophes écologiques, la reconstruction, la résilience, et la nécessité de compter sur les liens que l’on crée pour pouvoir s’en sortir plus forts.

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L’esprit de sel, Guillaume Viry, Les Éditions du Canoë

4e de couv

C’est l’histoire d’une vie. Celle d’Ita, qui grandit dans la petite ville de Sieradz où elle est née avec son père, Mendel, marchand de harengs, et sa mère, Pessa. Ils sont pauvres. Ils sont juifs. Avec Jozef, fils de Jakob qui vend des montres, elle rêve de partir, d’ouvrir une boutique à Lodz, Varsovie ou Gdansk et voir la mer. Mais après la mort du père, après la mort de la mère, quand elle est obligée de quitter Sieradz, après que Jozef et après que Jakob, tous deux partis en Amérique, l’ont laissée seule, elle se demande où aller. Emportée au hasard des routes, elle se retrouve à Liège, Ostende, Bruxelles puis Paris avec ce dé à coudre dont sa mère Pessa l’a convaincue de ne jamais se défaire pour survivre. 

L’histoire tragique qui se termine le 16 juillet 1942 à l’aube de la rafle du Vél d’Hiv ne dit rien du ton ni du rythme du récit, ni des silences, ni du fil de la narration dont le déroulé, tel un poème épique, avance et revient avec sa scansion et ses refrains. Un livre puissant qui semble construit sur une partition dont la musique intérieure charge tous les mots qui le composent.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

L’esprit de sel est un court récit sur une femme juive pendant la seconde guerre mondiale, qui se termine avec la rafle du Vel d’Hiv. Elle essaie de vivre, de survivre, et elle rêve : d’aimer et d’être aimée, d’être acceptée, de travailler, de voir la mer... De petits rêves, simples, mais qui, à cause de l’époque et de son statut, se fracassent les uns après les autres. On pressent la catastrophe, qui arrive mais qui étonne encore. Avec L’Esprit de sel, c’est comme si Guillaume Viry réinventait Un Cœur simple de Flaubert, dans une Europe ravagée par la haine et la guerre.

Aujourd’hui comme hier, parler de la Shoah est un défi. Mais les thèmes du livre sont aussi universels et hélas contemporains : l’antisémitisme et le racisme, l’exil, la persécution... le cas particulier du personnage principal pourrait illustrer beaucoup de parcours contemporains.

Le comité de lecture a été impressionné par l’exceptionnelle beauté et l’inventivité du style en vers libre : tant de profondeur en si peu de mots ! Cette poésie, d’une incroyable liberté, est mise au service d’un récit qui ne vous lâche pas. 

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Princesse, Kinga Wyrzykowska, Le Seuil

4e de couv

Cadre supérieure d’une entreprise d’agro-alimentaire, Barbara Lis est une femme sans histoire, jusqu’au jour où elle reçoit, pour son anniversaire, un lapin. Le jour même, un plombier polonais mélancolique croise sa route. Coup de foudre. Ils partent s’installer dans le village natal de Pawel, de l’autre côté de l’Europe.

Là, des culs-bénits aux voisins plus ou moins bienveillants, chacun scrute le ventre de la Française en espérant un heureux événement. Mais dans la maison flambant neuve du couple il n’y a que le lapin qui grossit.

Sous l’étau des normes, des rumeurs et des fantasmes, cette petite société va déborder, provoquant un électrochoc mondial.


En quoi ce roman nous aide-t-il à comprendre notre temps ? L’avis du comité de lecture.

Princesse est un roman loufoque, foisonnant, original, qui traite à la fois de l’exil, des inégalités sociales, de la discrimination de genre et surtout, au détour d’une intrigue rocambolesque et de multiples personnages hauts en couleur, de l’obscurantisme religieux qui s’est emparé d’une partie de la Pologne et des idées d’extrême-droite  qui envahissent l’ensemble du monde.

Plus qu’un roman, c’est un conte aux allures de fable qui trouble, surprend et n’hésite pas à dresser un portrait au vitriol de ces conservateurs et de leur hypocrisie religieuse. C’est drôle, pas toujours crédible, mais l’écriture de l’autrice et son sens de la formule permettent à la magie d’opérer.

Ce livre est un coup de projecteur efficace, redoutable même sur notre époque et quelques-unes de ses idées fielleuses qui se répandent à une allure vertigineuse. En même temps, sa lecture est tonique, roborative même, amusante très souvent, pleine d’esprit en tout cas. Le comité de lecture a été séduit par l’audace du texte, l’univers singulier de l’autrice et le procédé narratif consistant à placer au centre de l’intrigue un personnage lisse, apathique, qui semble ne pas réagir aux événements. Il y a vu le reflet d’une partie de notre société qui se désintéresse des soubresauts du monde.

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