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"J'investis dans un projet auquel je crois"

Alumni Solidaires

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22/02/2016

RENCONTRE AVEC JOSEPH OUGHOURLIAN (PROMO 92), DIRECTEUR GÉNÉRAL ET FONDATEUR DU FONDS D’INVESTISSEMENT AMBER CAPITAL, QUI FAIT PARTIE DU CERCLE MARCEL PROUST, LE CERCLE DE RECONNAISSANCE DES DONS LES PLUS ÉLEVÉS.

Quel a été votre parcours après Sciences Po ?

J’ai eu un parcours assez linéaire. Linéaire parce que je n’ai pas vraiment changé de métier, je me suis spécialisé. Après mes études Rue Saint-Guillaume, j’ai fait HEC parallèlement à un DEA d’économie. J’ai pensé un moment poursuivre en doctorat, mais une expérience en banque à la Société générale m’a donné envie de poursuivre dans cette voie. Ils m’ont ensuite envoyé à New York et… j’y suis resté dix-sept ans ! Puis j’ai monté ma propre activité en 2001 : un fonds d’investissement, Amber Capital. Il y a trois ans, j’ai décidé de recentrer notre activité sur l’Europe, convaincu des opportunités qui s’y trouvent, en particulier en Europe du Sud. Aujourd’hui, nos bureaux sont répartis entre Londres, New York, Bogota et Milan.

Que vous a apporté Sciences Po dans votre vie professionnelle ?

Sciences Po m’a donné des compétences qui m’ont été utiles tout au long de ma carrière. D’abord, l’esprit de synthèse et d’analyse, des qualités indispensables dans le métier d’investisseur. Dans un monde compliqué et rapide, il faut prendre en compte des dizaines de paramètres, savoir aller au coeur du sujet rapidement. Sciences Po m’a aussi apporté une certaine capacité à savoir présenter, une compétence qui me sert quotidiennement : rien de tel que les exposés oraux chers à l’école pour savoir détailler ses activités de manière synthétique. Enfin, ma scolarité Rue Saint-Guillaume m’a ouvert l’esprit sur beaucoup de sujets. J’y ai découvert l’économie, le droit, des aspects de philosophie politique… Sciences Po, c’est comme une boîte à outils pour comprendre les sujets contemporains dans leur globalité, ce qui n’a pas de prix dans mon métier.

Quel souvenir gardez-vous de vos années Rue Saint Guillaume ?

Je me souviendrai toujours de mon premier cours, lors de mon année préparatoire, à 17 ans. Olivier Duhamel présentait un exposé d’une heure sur l’État de droit, dans l’amphithéâtre Boutmy. J’avais été subjugué par cette introduction au droit constitutionnel, son aisance orale, son élégance, les concepts évoqués. J’avais l’impression, de ne rien connaître et de découvrir, d’un coup, un monde passionnant.

Vous êtes l’un des plus grands donateurs deSciences Po. Que signifie pour vous cet engagement vis à vis de votre ancienne école ?

Je me suis un peu détaché de Sciences Po quand j’étais à New York, puis j’ai redécouvert l’institution en 2008, lors de ma rencontre avec Richard Descoings et Nadia Marik. Je me suis alors aperçu que l’école s’était beaucoup transformée, sous l’impulsion de Richard : ça m’a paru génial ! J’ai commencé à faire des donations, comme un investissement dans un projet auquel je crois.

Quel regard portez-vous sur le Sciences Po d’aujourd’hui ?

À mon époque, Sciences Po était dans l’imaginaire collectif un établissement très franco-français, une grande école sans vraiment en être une, une antichambre de l’ENA. Richard Descoings en a fait un vrai cursus et une université internationale. Aujourd’hui, près de 50 % des étudiants sont des internationaux, c’est extraordinaire. Il a aussi pensé la diversité sociale, un concept qui n’existe pas vraiment en France, où certains ont tendance à penser que l’école est un instrument de la méritocratie, or, l’on voit que cela ne fonctionne pas. À partir d’objectifs révolutionnaires, Richard Descoings a réussi son pari, et je suis heureux de voir qu’en dépit de sa disparition, ces acquis n’ont pas été remis en question. Frédéric Mion continue dans la même lignée.

Si vous aviez un message à transmettre aux étudiants de Sciences Po, quel serait-il ?

J’ai eu la chance de partir à New York très vite, mais mon seul regret est de n’avoir pas étudié à l’étranger. À l’époque, il n’y avait pas tous ces programmes extraordinaires que Sciences Po a mis en place à l’international : partir est toujours une expérience déterminante. Il faut en profiter lorsqu’on est jeune, car avec une famille, c’est plus compliqué. Alors qu’à 22 ans, j’ai juste pris un sac, quelques affaires, et un billet pour New York...

Article paru dans le dernier Emile, printemps 2016.

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