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Éloge de vacances bien méritées…

Carrières

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07/07/2020

Vous le sentez venir ce sentiment de culpabilité s’insinuer dans votre esprit ? Comment ça, partir en vacances, le cœur battant, l’esprit léger, alors que l’on vient d’en finir avec deux mois de confinement, que s’est amorcée la crise économique la plus grave que va vivre le monde moderne et qu’une crise sanitaire sans précédent menace toujours une planète déjà KO ?

Mais, justement, parce que nous venons de vivre un printemps 2020 à nul autre pareil, il est grand temps de profiter de vacances bien méritées. Sans doute, sommes-nous nombreux à être restés à la maison, à télétravailler, à s’occuper des enfants et de leurs devoirs, à (re)découvrir les charmes (et difficultés) de la cuisine faite maison… Et à finalement s’interroger si partir en vacances avait vraiment du sens cette année.

Sus à tout sentiment de culpabilité ! Ces vacances, vous les avez bien méritées. Il est désormais grand temps de lâcher prise, de vous reposer, ressourcer, déconnecter, …

 

On y a droit

Rappelez-vous les interrogations soulevées par les premières interventions du Premier ministre, Edouard Philippe, sur le déconfinement… Aurait-on droit en cette année 2020 à partir en vacances ? La question peut paraître incongrue au sortir d’une crise sanitaire historique. Mais pas tant que ça. C’est oublier un peu vite que les vacances se sont imposées comme un vrai rituel dans la vie des Français. Une transhumance estivale comme les qualifie le sociologue, directeur de recherche associé CNRS Cevipof, Jean Viard, qui rythme l’année que l’on parte à des centaines de kilomètres ou que l’on reste chez soi. En fait, il y a toujours un avant et après vacances. Et une nouvelle année qui commence au nez et à la barbe du calendrier grégorien.

Enfin, si vacance signifie le vide, profitez des… vacances pour faire le plein : le plein de soleil, le plein de repos, le plein de famille et d’amis, le plein de sport aussi…

 

La déconnexion

À année historique, vacances historiques, mais aussi résolution historique. De nombreuses études confirment qu’au cours des cinquante dernières années notre façon d’aborder les vacances a évolué et que celles-ci servent de moins en moins à se reposer. Un comble…

L’exigence de réussir ses vacances a imposé une pression telle… qu’à multiplier les excursions, les activités, les visites de musée, on en oublie parfois que les vacances, c’est aussi fait pour « buller ». 

Autre (fâcheuse) tendance, ces outils numériques qui nous maintiennent raccrochés à la réalité.

A l’heure où le télétravail s’est imposé comme un nouveau mode d’organisation, affirmons aussi le droit à la déconnexion. Oublions Zoom, Teams, Google Meet, … Laissons récupérer nos yeux et notre cerveau fatigués par des heures de visio-conférence, laissons le droit à notre téléphone de se décharger, et aux mails de s’accumuler.

Cela vaut aussi pour ceux qui resteront chez eux. Sanctuarisez vos semaines de vacances en couleur sur votre agenda. Comme le souligne la consultante-coach Héloïse Tillinac, dans son Guide du solo-preneur, soyez le directeur des ressources humaines de… vous-même.

Et à tous, oxygénez vos neurones. Débranchez de l’information en continu… De toute façon, cet été, pas de Tour de France, ni d’Euro de football, ni de jeux Olympiques. Quant au reste, cela peut bien attendre.

 

Et si le bonheur était dans le pré ?

On a bien compris le message : pas question cette année de partir à l’étranger.

Les dernières enquêtes révèlent une préférence des Français pour le tourisme vert, en pleine campagne, … Comme une envie de passer ses vacances au calme, loin de l’agitation des plages.  Comme une envie de réécouter Michel Delpech, ses oies sauvages et son Loir-et-Cher. Comme une envie de relire les poèmes de Paul Fort « Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer » Comme une envie de grand air. Comme une envie de farniente. Comme une envie de revoir « Alexandre le Bienheureux ».

 

Une parenthèse enchantée

On ne va pas se mentir. Les derniers mois se sont avérés particulièrement éprouvants. Ceux qui se profilent à la fin de l’année risquent de l’être tout autant. Alors profitez. Sans culpabilité. Ressourcez-vous, faites du sport, lisez, cuisinez… Profitez de ce nouveau temps long, sans stress.

« Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain », a écrit Horace. « Carpe diem ». Et surtout très bonnes vacances. 

 

Christine BROUDIC
Consultante en organisation et management
Ancienne rédactrice en chef de la République du Centre

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